Sixième fabulation: Territoires intimes II
D'autres fragments de mes territoires intimes, tirés d'un ensemble que j'ai intitulé, provisoirement, À feu et à songe, décrivant ainsi les tribulations de ma vingtaine.
1.
Avec toi, j'ai enfin pris mon envol
J'ai quitté le nid étouffant
Sans avoir peur de sombrer
Dans le monde menaçant sous les branches
Avec toi, pas de chute vertigineuse
Dans le chaos infernal des racines en serpents
Avec toi, un vol emballant
Les ailes s'agitant
Dans le souffle de notre chant amoureux
Le coeur débattant
Au sein de ma cage, prison de chair
Que tes mains transforment en pâte onctueuse
Avec toi, un vol bondissant
Au gré de nos danses sentimentales
Avec toi, enfin, le vol plané
De l'extase à tout coup atteinte...
2.
Puis
j'ai compris que lorsqu'on regarde
Trop
haut
Pendant
le vol plané
On
finit nécessairement
Par être obligé
De se lancer
Dans un
vol battu;
Et
si les ailes ne sont pas
Suffisamment
musclées
Pour
endurer
Ce
combat contre la pesanteur,
C'est
la chute assurée.
Car en extase, comme en amour,
On
ne monte pas;
On
tombe.
3.
Chaque jour,
Quand je me lève,
Je me demande si,
Quand je sortirai de la maison,
C'est la brise qui me caressera
Ou la bise qui me giflera.
Chaque soir,
Quand je reviens de travailler,
Et que je sais
Que je dois rentrer,
Je me demande si tu me recevras
De ta brise ou de ta bise...
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