12ème fabulation: Mets de l'eau dans ton vin
Cette fabulation reprend un pastiche écrit en 2014 et inspiré de la fable « Le Loup et l'Agneau »: elle s'adresse à un public adulte et contemporain.
La
soif se faisant sentir
Et
exigeant d'être étanchée,
J'ai
saisi un verre transparent,
Dans
l'intention de me servir de l'eau.
Boire
ce liquide oxygéné
M'a
pourtant empêchée de respirer
Quand
mon regard a repéré
La
bouteille griffée.
« Suis-je si hardie de troubler mon sevrage,
Me
suis-je demandé, pleine de rage.
Maintenant
je dois me ressaisir
Boire
de l'eau et m'enfuir.
-
Calme-toi, ai-je ajouté,
Rien
ne sert de te fâcher.
La
bouteille ne bougera pas
Et
toi non plus si tu ne franchis pas
Les
vingt pas qui vous séparent.
Il
faut que tu te prépares,
Que
tu préviennes l'affreuse averse,
Celle
de tes larmes, de ta détresse:
Ta
dépendance à la boisson.
-
Je ne suis pas alcoolique!,
Ai-je
répliqué, juste un peu tragique.
Je
me suis guérie l'an dernier.
-
Comment peux-tu le croire
Avec
ce qui t'arrive ce soir,
À
paniquer, à broyer du noir,
Devant
cette bouteille au bout du comptoir?
Crois-tu
vraiment pouvoir gagner? »
La
raison du plus fort est toujours la meilleure.
J'ai
renversé le verre,
Qui
s'est fracassé par terre.
Tout
ce que j'arrivais à percevoir,
C'étaient
les éclats de ma tempête,
C'étaient
les mille morceaux de mon casse-tête.
Puis,
à même la bouteille,
Que
je ne me souviens plus d'avoir ouverte,
Je
n'ai pas écouté l'alerte,
Mes
efforts passés devenus vains:
Je
me suis délecté du poison vermeille
Sans
même mettre un peu d'eau dans mon vin.
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