J'aimerais
me souvenir
De ce qu'est naître
Si c'est gravir une montagne
Ou bien tomber dans un cratère
Ainsi je saurais peut-être
Si renaître
C'est tout ou son contraire
De ce qu'est naître
Si c'est gravir une montagne
Ou bien tomber dans un cratère
Ainsi je saurais peut-être
Si renaître
C'est tout ou son contraire
L'endroit où je suis née s'appelle Noir
Mais je n'en retiens que le Blanc
La mélodie blanche de ma Rosée
Le drapeau rose de mon Aurore...
Et le voile gris de mon Deuil d'aujourd'hui
(Les couleurs de ma pensée)
Je
suis née sur le bord d'un lac
Enfin,
c'est tout comme
Les
souvenirs apaisants
Sont
faits de pieds dans le sable
Que
l'on remue jusqu'à la boue
De
tétards dans la main
Que
l'on échappe, mine de rien
De
la brise malicieuse
Qui
fait fermer les yeux
Des
baisers du soleil
Qui
laissent leur rouge sur les joues
De
courses souriantes
Vers
les vagues entreprenantes
Du
parfum de la crème
Que
dégagent les gouttes sur la peau
Des
mèches qui vagabondent
Belles
dans les airs,
Revenant
de danser,
Rebelles
dans les yeux,
Sortant
de nager
Du
chant des cigales
Qui
bourdonnent aux oreilles
Mais
qu'on n'arrive pas
À
trouver du regard
Regard
vaporeux mais lumineux
Celui
de l'enfance
De
l'indécente pureté
De
l'eau du lac
Qui
coule dans mes souvenirs
(Fabulation enfantine)
Je
ne suis chez moi nulle part.
La
maison est prison,
Ma
chambre n'est pas à moi,
Mon
lit non plus,
Appartenant
aux fantômes
Et
aux monstres
Qui
hantent mes nuits
De
leurs incessants cris
Et
qui occupent toute ma tête
Où
ce n'est jamais la fête.
(Fabulation adolescente)
Mes
rêves de décor de catalogue Ikea
Sont
partis en fumée avec toi
Car
tout ce qui m'importait
Ce
n'était plus les vains songes -
Parce
que, selon toi, mensonges -
Mais
d'allumer les feux ravageurs
Entre
toi, toi, toi, à l'infini et moi.
Tu
étais le Centre de mon univers
La
seule et unique maison
Où
je voulais demeurer
Même
si c'était enfermée à clef
(Fabulation amoureuse - vingtaine)
Tu
étais la fontaine à laquelle je me suis abreuvée - euh je veux dire
empoisonnée.
Tu
étais la fontaine où je me suis baignée - euh je veux dire noyée.
(Fabulation de rupture)
On
dit que je suis devenue mère
J'ai
pourtant l'impression
D'être
devenue marée...
(Fabulation de l'accouchée)
Je
suis la mère dans laquelle tu t'es abreuvée - j'espère ne pas t'avoir
empoisonnée.
Je
suis la mère dans laquelle tu t'es baignée - j'espère ne pas t'avoir noyée.
(Fabulation de mère angoissée)
C'est avec lui que j'aurais
voulu bâtir une maison, mais c'est avec toi que je vais fonder un monde.
(Fabulation ambitieuse)
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