samedi 9 janvier 2016

Quatrième fabulation: Territoires intimes. Autobiographie poétique

Voici quelques lieux de mes Territoires intimes:


J'aimerais me souvenir 
De ce qu'est naître
Si c'est gravir une montagne 
Ou bien tomber dans un cratère
Ainsi je saurais peut-être
Si renaître
C'est tout ou son contraire
(Exergue)

L'endroit où je suis née s'appelle Noir

Mais je n'en retiens que le Blanc

La mélodie blanche de ma Rosée

Le drapeau rose de mon Aurore...



Et le voile gris de mon Deuil d'aujourd'hui

(Les couleurs de ma pensée)

Je suis née sur le bord d'un lac

Enfin, c'est tout comme

Les souvenirs apaisants

Sont faits de pieds dans le sable

Que l'on remue jusqu'à la boue

De tétards dans la main

Que l'on échappe, mine de rien

De la brise malicieuse

Qui fait fermer les yeux

Des baisers du soleil

Qui laissent leur rouge sur les joues

De courses souriantes

Vers les vagues entreprenantes

Du parfum de la crème

Que dégagent les gouttes sur la peau

Des mèches qui vagabondent

Belles dans les airs,

Revenant de danser,

Rebelles dans les yeux,

Sortant de nager

Du chant des cigales

Qui bourdonnent aux oreilles

Mais qu'on n'arrive pas

À trouver du regard

Regard vaporeux mais lumineux

Celui de l'enfance

De l'indécente pureté

De l'eau du lac

Qui coule dans mes souvenirs

(Fabulation enfantine)


Je ne suis chez moi nulle part.

La maison est prison,

Ma chambre n'est pas à moi,

Mon lit non plus,

Appartenant aux fantômes

Et aux monstres

Qui hantent mes nuits

De leurs incessants cris

Et qui occupent toute ma tête

Où ce n'est jamais la fête.
(Fabulation adolescente)


Mes rêves de décor de catalogue Ikea

Sont partis en fumée avec toi

Car tout ce qui m'importait

Ce n'était plus les vains songes -

Parce que, selon toi, mensonges -

Mais d'allumer les feux ravageurs

Entre toi, toi, toi, à l'infini et moi.

Tu étais le Centre de mon univers

La seule et unique maison

Où je voulais demeurer

Même si c'était enfermée à clef

(Fabulation amoureuse - vingtaine)



Tu étais la fontaine à laquelle je me suis abreuvée - euh je veux dire empoisonnée.

Tu étais la fontaine où je me suis baignée - euh je veux dire noyée. 

(Fabulation de rupture)



On dit que je suis devenue mère

J'ai pourtant l'impression

D'être devenue marée...

(Fabulation de l'accouchée)



Je suis la mère dans laquelle tu t'es abreuvée - j'espère ne pas t'avoir empoisonnée.

Je suis la mère dans laquelle tu t'es baignée - j'espère ne pas t'avoir noyée.

(Fabulation de mère angoissée)



C'est avec lui que j'aurais voulu bâtir une maison, mais c'est avec toi que je vais fonder un monde.
(Fabulation ambitieuse)












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